Pourquoi manger local ?

17 juin 2020, Visionpar Diane Fastrez

Agricool, c’est des fruits et légumes frais, sans pesticides et cultivés en ville, à moins de 15km de leur lieu de consommation.

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Avant d’être Agricool, on était Localocal. Parlant, mais pas terrible comme nom. Alors, on a changé, mais l’idée est restée. On en est convaincus depuis le début, le local est une des solutions pour mieux manger en ville, pour construire un système alimentaire plus vertueux. Petit à petit, vous avez été nombreux à rejoindre cette idée. Et puis, il y a eu le Covid (oui encore lui). Selon l’Ifop, “63% des français ont mangé local pendant la crise”. Alors voilà, on s’est dit qu’il était temps de parler un peu plus longuement du local.

Un concept pas très clair

Oui, c’est un mot un peu fourre-tout. Comme le “responsable”, le “bio”, le “sain”, le “green” et pas mal d’autres. Alors avant d’aller plus loin, voilà la définition by Agricool. Elle n’est validée par aucun organisme, juste par notre équipe. Ah, et elle n’a pas vocation à être vue comme une vérité générale. C’est simplement notre vision.

  • Ça c’est ce que dit le Larousse pour “Local” “Particulier à un lieu, une région, un pays.”
  • Et ça c’est ce que dit le Larousse pour “Locavore” (concept souvent associé) →  «Personne qui décide de ne consommer que des fruits et légumes locaux et de saison pour contribuer au développement durable”. 
  • Et puis ça c’est la définition by Agricool → “Consommer des produits qui ont été fabriqués / cultivés dans un rayon permettant de garantir une qualité optimale et un impact écologique réduit.

Autrement dit, acheter local pour prendre soin de notre planète oui, mais pas que. Pour mieux manger surtout. Le plaisir, le goût, la qualité nutritionnelle… et puis la santé, surtout. Dans un tout autre domaine, c’est un peu l’exemple des basquettes. Acheter des basquettes avec un impact réduit sur la planète oui. Si elles ne sont pas solides et confortables, et que dans 6 mois on est bons pour une nouvelle paire, non merci. Par contre allier impact et qualité, oui. Et bien, c’est la même chose pour notre assiette. 

D’ailleurs, si l’aspect impact est aujourd’hui un élément différenciant pour les marques, nous pensons qu’à terme, ce sera la norme (enfin on l’espère). Bref, dernier point, au risque de faire grincer des dents quelques personnes. Pour nous, la saison est importante avant tout parce que lorsqu’elle n’est pas respectée cela veut aujourd’hui dire : produits qui viennent de loin, pollution, perte en qualité, pesticides, conditions de travail peu maîtrisées (pour ne pas dire parfois déplorables). Or, si on peut répondre à toutes ces problématiques, on ne voit pas pourquoi se priver de bons produits, variés, toute l’année. Et sauf avis contraire (écrivez-nous si vous avez des infos), nous ne pensons pas que notre corps se porterait moins bien si il mangeait toute l’année de la tomate, des fraises, des potirons. Au contraire. 

Vous êtes toujours là ? On parlait de distance donc. Reste à savoir ce qu’est une bonne distance pour produire des fruits et légumes. Là-dessus, pas de consensus. Pour La Ruche Qui Dit Oui, c’est 49 km. Pour Au Bout du Champ c’est 100 km. Pour Energy Act, ce serait 640 km. On vous a posé la question sur Instagram, les résultats parlent d’eux-même. 

Nous pensons qu’il n’y a pas de chiffre miracle. C’est plutôt une question de bon sens, un choix à opérer en fonction du contexte et des solutions qui s’offrent à nous. De notre côté, on parle de 20km (et c’est valable pour nos produits). Pourquoi ? Parce que pour traverser Paris, de notre ferme (La Courneuve) à la Porte d’Orléans (sud sud de Paris), c’est environ 13,6 kilomètres. Si on inclut la tournée de nos livreurs, qui ne vont pas directement au point de vente, on arrive à peu près aux 20km. Quand nous irons dans d’autres villes, plus ou moins étendues que Paris, ce chiffre pourra donc évoluer. 

Le mouvement

C’est du vu et revu (“du réchauffé” aurait marché aussi), mais on peut tous avoir un impact. Chacun à son échelle. 

  • Les consommateurs (aka vous) : Plus simple que de construire une maison écologique, moins casse gueule que de ré-apprendre à faire ses produits ménagers maison, plus accessible que d’acheter une voiture électrique, manger peut devenir (et est déjà) un acte citoyen. Un achat du quotidien qui nous permet à tous d’avoir un impact. Un impact immédiat : une salade achetée à un producteur local, c’est moins d’impact sur la planète, une meilleure qualité pour vous. Un impact sur les autres. Petit exemple que l’on adore. Regardez Yuka. Grâce à cette (super) appli, vous avez été des millions à changer vos habitudes d’achat. Résultat ? Le nombre a parlé, les professionnels ont été obligés de s’adapter. “Gerblé supprime le diphosphate de sodium dans certains biscuits, Buitoni réduit la quantité de sel dans ses pizzas, Knorr lance une gamme de soupes sans sucre ajouté, conservateur ou exhausteur de goût [...] Intermarché change 900 recettes de leurs produits”. En achetant local, votre impact est tout aussi important. Vous encouragez la chaîne de distribution à s’adapter, à proposer une offre qui corresponde à vos attentes.
  • Les distributeurs (aka nos copains chez Monoprix) : En France, 70% des achats alimentaires se font dans des enseignes de la grande distribution. [NDLR - nous] → C’est d’ailleurs pour ça que nous avons choisi d’aller sur ce réseau. L’idée était d’aller là où la plupart d’entre vous font leurs achats de fruits et légumes, s’intégrer sur votre parcours habituel. Mais on se perd, ce n’est pas le sujet du jour. Du coup, un changement opéré par la grande distribution, c’est un bouleversement complet du secteur. On a vu pendant le COVID que c’était possible. Alors, on se dit que c’est encourageant pour la suite. 
  • Les producteurs (aka nous - et puis plein d’autres) : Un rapport révélait il y a quelques temps que, en moyenne, sur 100 aires urbaines analysées, “98% de l’alimentation était composée de produits agricoles « importés » alors que dans le même temps 97% des produits agricoles locaux étaient « exportés». Bon. On ne jette la pierre à personne. La faute au système comme on dit. Il est parfois plus simple d’exporter en vendant tout à un partenaire que d’aller passer du temps et prendre le risque de vendre à plein de partenaires plus petits. Mais c’est justement là que ça cloche. Nous n’avons pas de solution (ce serait trop simple), mais il y a en tout cas quelque chose à faire là dessus.

On s’y met tous ?

Et puis votre voisine, cette story sur Instagram, ce bon pote à une soirée, cet article vu sur Twitter, cette BD qui vient de sortir, cette vidéo Brut, ce débat houleux sur Konbini, ce podcast sur “Comment mieux consommer ?”. Sans forcément acheter, changer des lois, réinventer toute la chaîne, parler du sujet est déjà une belle étape. Une façon hyper efficace de faire évoluer les choses, de les mettre en perspective, de faire émerger des solutions. Alors, on a lancé un hashtag : #mieuxmangerenville. Ce hashtag, c’est avant tout le vôtre. N’hésitez pas à l’utiliser pour nous faire remonter des informations, idées, solutions. On les relaiera, pour y apporter (à notre échelle) la visibilité qu’ils méritent.

Belle journée !

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Le mouvement

Comme des milliers d’autres, vous agissez déjà au quotidien pour mieux manger ? Partagez vos inspirations & solutions avec la communauté. #mieuxmangerenville

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