Une alternative au plastique ?

2 juil. 2020, Visionpar Diane Fastrez

Agricool, c’est des fruits et légumes frais, sans pesticides et cultivés en ville, à moins de 15km de leur lieu de consommation.

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Cette (jolie) barquette qui vient envelopper nos produits pollue. Oui, l’idéal aurait évidemment été de n’avoir aucun emballage. Pas d’emballage, pas de création de matériau. Pas de création de matériau, pas de pollution. Mais pour certains produits, c’est compliqué. Pour l’alimentaire notamment. Et certains fruits et légumes (fraises, salades, etc…) plus fragiles que d’autres, encore plus. Hygiène, conservation, qualité, transport, etc… Aujourd’hui, nous avons fait le choix de ne pas vendre en vrac (même si on rêve secrètement de trouver un jour une solution). Et nous cherchons encore la meilleure alternative, pour nos produits, pour notre planète. On vous en dit plus.

Teaser : Ceci n’est pas un plastique comme les autres. Il est issu du maïs.

Le Plastique Acide Polylactique (PLA pour les intimes)

A l’époque, comme beaucoup, nous avions développé une presque phobie du plastique. Nous ne condamnons pas le plastique dans sa globalité. Ses caractéristiques fonctionnelles peuvent faire de lui un très bon allié pour des produits durables. En revanche, pour des produits à courte utilisation (voire usage unique) comme les emballages, nous ne pensons pas que ce soit le meilleur choix. Alors, après de nombreuses recherches et échanges avec des experts, on était très heureux de découvrir l’emballage plastique biosourcé. Sur le papier, ça a l’air très beau. Retour à la définition du matériau.

Plastique vs Bioplastique

Dans la famille des plastiques, il existe deux grands types d’origine de plastique :  

  • Pétro sourcés (qui viennent du pétrole) : aka le plastique au sens classique du terme. C’est le format le plus courant, utilisé pour les bouteilles par exemple.
  • Bio plastique (qui viennent de la biomasse) : Autrement dit, ils proviennent de matières végétales et le plus souvent aujourd’hui de l’industrie sucrière : canne à sucre (polyéthylène), maïs (PLA), betterave, blé, pomme de terre, etc. Dans le cas de nos barquettes, il provient du maïs (c’est donc du PLA).

Petite nuance importante. Les plastiques d’origine végétale sont le plus souvent appelés “bio plastiques”. Mais certains plastiques pétro sourcés peuvent aussi être classés comme “bio plastiques”. Pour simplifier, la condition pour ajouter cette particule “bio” est que le matériau soit biodégradable. Tout est résumé dans le super graphique ci-dessous (piqué ici).

Les avantages du bioplastique

Biosourcés et/ou biodégradables 

Dans cette catégorie des “bioplastiques”, on distingue encore deux sous-catégories : 

  • Biosourcés  : Fabriqués partiellement ou totalement à partir de matières premières renouvelables (blé, maïs, huile de ricin, canne à sucre…). Donc par ici on s’intéresse exclusivement à l’origine des matières premières, pas à la fin de vie du produit. Un plastique biosourcé peut ne l’être qu’en partie. Il peut avoir par exemple 70% venant du pétrole, 30% provenant de matières premières renouvelables. Une première limite.
  • Biodégradables  : Dont le matériau principal, en présence de micro-organismes, peut sous certaines conditions se dégrader (humidité, température, aération contrôlée). Ici on s’intéresse donc principalement à la fin de vie du produit, son recyclage

Tous les matériaux biosourcés ne sont pas forcément biodégradables (bio-PE, bio-PET , bio-PTT, etc...). Pour y ajouter encore une petite subtilité, certains plastique conventionnels (issus du pétrole) sont quant à eux biodégradables (PBAT, PBS, PCL, etc…). Bref, vous l’avez compris, ce n’est jamais tout blanc ou tout noir.

Il existe par contre des bioplastiques qui réunissent ces deux critères. Ils sont issus de ressources renouvelables ET biodégradables. Autrement dit, le combo idéal. Le PLA - acide polylactique, en fait partie. C’est pour cette raison que nous l’avons choisi.

Biosourcés vs compostables 

Il y a également une distinction intéressante à faire entre «biodégradable» et «compostable» (cf une note vraiment top de Citéo). La Norme NF EN 13432 définit les contours de ces deux appellations. Pour la résumer, si un matériau remplit les critères défini par cette norme, il bénéficie alors de la certification et peut donc être qualifié de compostable au même titre que les déchets organiques. Voici les 5 éléments clés de la certification : 

  • Biodégradabilité : 90% de biodégradation en moins de 6 mois
  • Désintégration : Résidus > à 2 mm doivent être inférieurs à 10% de la masse initiale
  • Composition : Faible concentration en métaux lourds et bonne qualité de compost
  • Stabilité : Permanence de certains paramètres physico-chimiques après dégradation
  • Perturbation : Pas d’effets négatifs sur le déroulement du processus de compostage

Autrement dit, la mention “compostable” atteste qu’un matériau se dégrade comme un emballage biodégradable, mais sous certaines conditions. La biodégradation du PLA (notre matériau actuel) doit donc être réalisée dans des conditions particulières de compostage industriel. Elle intervient difficilement dans le milieu naturel car elle nécessite de chauffer la matière (à 70°C selon Citéo). Ce qui nous amène aux limites du PLA.

Les limites du bioplastique

Bref, on pensait avoir trouvé quelque chose qui se rapprochait de notre packaging de rêve. Et puis on a réalisé qu’il montrait également des limites non négligeables :

  • Le PLA est biodégradable (ou presque) : C’est vrai, mais en “conditions industrielles”. Autrement dit, pas dans votre compost maison, ni dans la nature. Les plastiques biodégradables ne le sont en fait que très peu dans les océans (source ONU). Ils sont donc biodégradables, uniquement dans des filières adaptées. Or aujourd’hui, en France, ce type de filière n’existe pas (encore). Pire, il peut même venir perturber les processus de tri déjà en place. Pourquoi ? Parce que le PLA est presque impossible à distinguer du plastique par les machines. Du coup, pour être pratico-pratique, il est à jeter dans votre poubelle classique (aka celle des produits ménagers). Il ne sera donc (pour le moment) pas recyclé, mais au moins il ne viendra pas interférer sur le recyclage du plastique. D’ailleurs, la mention “biodégradable” va bientôt être interdite par l’UE, pour éviter toute confusion. On parlera alors de compostage de deux types : home compostable et compostage industriel.  
  • Le PLA a tendance à se déformer quand il fait chaud : Résultat, il est parfois impossible de refermer nos barquettes. Toutes nos excuses si vous avez pu galérer. Sachez que notre équipe “mise en barquette” a vécu la même chose (Corinne ❤)
  • Le PLA n’est pas encore produit partout : Résultat, notre fournisseur est certes en Angleterre, mais le lieu de production est quant à lui aux Etats-Unis. Pas idéal. D’une part, plus il est fait loin plus il est difficile de connaître exactement les conditions de production. D’autre part, est-ce vraiment plus écologique d’avoir un matériau biosourcé si il vient de loin ?
  • Le PLA est un secteur pour lequel les normes sont encore à préciser : Nous n’avons pas toujours réussi à obtenir l’accès aux informations (production, etc…). Résultat, de nombreuses questions se posent encore sur l’utilisation des pesticides, des intrants, la consommation d’eau, l’utilisation des terres arables, les OGM (cf étude ici)
  • Le PLA est victime de son succès : Oui, c’est un matériau en vogue. Et le marché n’est pas encore prêt à absorber toute la demande. Résultat ? Problématiques d’approvisionnement, longs délais de production, retards.... Et dans le secteur de l’alimentaire, ce n’est pas idéal. Pas de packaging, pas de produit en vente.
  • Le PLA utilise des terres déjà très demandées : Actuellement, la part des surfaces cultivables utilisées pour les plastiques biosourcés est de 0,02 %. Très faible donc. Mais le marché des bioplastiques ne représente encore que 1% du marché (et il est en train d’exploser). On aura alors une problématique assez proche de celle des biocarburants. Sa production va entrer en concurrence avec les productions de maïs ou de blé qui ont pour but de nourrir les humains et les animaux. Or, on le sait, les espaces sont limités et la demande grandissante.
  • Le PLA est un marché à flux tendu : Par ailleurs, sous l’effet de la demande croissante, son prix a augmenté de 9% ces derniers mois (sachant qu’il est déjà en moyenne 2x plus élevé qu’un matériau type PET - plastique recyclé).

Nous restons convaincus que le PLA pourra être une excellente alternative à terme, mais il nécessite d’abord de nombreuses améliorations (sur lesquelles nous ne pouvons pas influer aujourd’hui). Alors, quelle solution en attendant ? Existe-t-il un packaging parfait ? 

Les autres options

Aujourd’hui, les emballages alimentaires représentent 70% du marché de l’emballage en France (selon l’ADEME). C’est énorme. Un vrai challenge et une belle opportunité de faire la différence. Chez Agricool, ce sujet de l’emballage est au cœur de nombreux enjeux : stockage dans nos fermes, praticité pour la mise en barquette, affichage pour les informations produits, impact écologique, visibilité en rayon, conservation des produits, coûts, etc. Mais un des éléments les plus déterminant reste celui du matériau. Et d’ailleurs, vous y êtes également très sensibles. Preuve en est avec ces quelques retours récoltés en à peine quelques secondes sur nos réseaux sociaux. 

Quelques retours ;)

Maintenant vous le savez, nos barquettes ne sont pas en “plastique” mais en “bioplastique” (donc issues de matières premières végétales). Pour être plus précis, elles sont en PLA (conçues à partir de maïs). Si cela semble être une solution miracle, c’est pourtant loin d’être parfait. Mais il y a de belles perspectives.

Et après ? 

La bonne nouvelle ? Une (super) loi a été votée, la loi “anti gaspillage pour une économie circulaire”. À partir de 2022, en France, toutes les poubelles de recyclage devront être capables d’accueillir les emballages en PLA et permettre ainsi de les intégrer dans des filières de tri adaptées. Et d’ici là, vous faites quoi ? Vous jetez nos barquettes dans la poubelle classique pour déchets ménagers. Et de notre côté ? Notre packaging en PLA, ne s’en sort pas trop mal, mais il ne peut pas encore être recyclé. D’ici 2022, nous aurons vendu des millions de produits, fabriqué des millions de packaging. Alors, en attendant que les filières soient mises en place, nous voulons éviter que nos packaging se transforment en potentielle pollution. Nous planchons donc sur une alternative qui soit la plus responsable possible. On vous en dit plus très bientôt ;) 

Ps : Du coup, si vous deviez ne retenir qu'une seule chose ? Nos barquettes sont à jeter dans la poubelle classique. Et en attendant on travaille d’arrache-pied pour trouver une meilleure solution ;)

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